trou de mémoire, 2018

Le cercle en barbelé de trou de mémoire livre deux images, courantes, immédiatement identifiables. La couronne d’épine, instrument de la passion et le fil de fer barbelé, littéral, qu’on appelle aussi  » corde du diable « ,  » écharde du souvenir  » ou  » frontière brûlante  » : outil agricole ingénieux devenu outil politique, symbole universel de l’oppression. La technique choisie, la broderie est un puissant vecteur de messages socio-politiques. Elle est, ici, le médium du langage. Rappelant au passage le rôle de la broderie dans l’éducation de la jeune fille.
Le langage qui rappelons-le aussi est l’outil du discours.
Il est brodé en noir sur noir à la limite de la visibilité. Le message n’est pas clair. Il demande à être examiné. Trou noir? Trou de mémoire?
De la couronne de barbelé au trou de mémoire, l’obscurantisme n’est pas loin…
C’est du nom « Mnémosyne » que sont dérivés les mots relatifs à la mémoire. Le mot « mémoire » lui-même, avec la simplification du « mn » en « m », « mémoriser », « mémorable »… Les qualificatifs scientifiques gardent même la racine grecque d’origine, avec les « mnésique », « mnéstique », et la célèbre mais tragique « amnésie », qui signifie la perte de la mémoire, et mnémosyne dans la mythologie nait du ciel et de la terre et de mnénosyne nait le langage. Le cercle se referme, en quelque sorte. On est tombé dans le trou noir de l’obscurantisme à un moment donné…

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